Les larmes rouges, après l’attente, les préventes ^^

Bonsoir à tous,

   Ce petit billet ce soir pour vous informer que ça y est, Les Larmes Rouges est disponible en pré-commande! Pour réserver dès maintenant votre exemplaire, c’est par ici que ça se passe :

http://editionsduchatnoir.com/shop/romans/10-les-larmes-rouges.html

 

  Et pour toute pré-commande, votre exemplaire sera dédicacé et un marque-page sera offert.

  L’expédition se fera le 31 Octobre, afin que le livre arrive au plus tôt, après sa date de parution, dans vos boîtes aux lettres.

  Et pour avoir une dédicace personnalisée, vous pouvez m’envoyer un message sur Facebook (http://www.facebook.com/georgia.caldera). Même chose si vous avez des questions !   ;)

 

2 octobre 2011 par georgia | 4 commentaires »

Le Lamento des Ombres, par le collectif Les enfants de Walpurgis, aux éditions du Chat Noir

Bonsoir à tous, après quelques temps d’inactivité sur mon blog (vacances obligent!), me revoilà!

Pour bien commencer la rentrée, je vais vous parler ce soir d’un livre qui vaut le détour, un recueil de nouvelles fantastiques : Le Lamento des Ombres, par le collectif Les enfants de Walpurgis, aux éditions du Chat Noir.

Les auteurs, que vous connaissez déjà certainement, sont : Ambre Dubois, Angélique Ferreira, Marianne Gellon, Céline Guillaume, Cécile Guillot, Bettina Nordet, Stéphane Soutoul et Vanessa Terral.

Voici déjà la couverture, réalisée par l’un des auteurs, Cécile Guillot :

 

 

Présentation de l’éditeur :

Tempo sourd ou pure envolée, trille innocente ou rugissement de haine, la musique vibre à nos oreilles de ses multiples identités. Tantôt berceuse, parfois fracassante, elle n’a pas de frontières, elle ignore les bornes. Ou plutôt, elle les refuse.
L’harmonie, ce fluide évanescent de cannelle et de myrrhe qui perce jusqu’aux palissades des cultures, marche aux confins de la mortalité. Elle transgresse les limites humaines. Elle apporte l’ailleurs jusqu’à nous, nous y transporte. Elle ouvre des passages vers des mondes imperceptibles et les créatures qui y vivent. Pour la beauté, pour la musique…

Huit auteurs se sont rencontrés autour d’une poignée de notes. Certains ont pris l’immortalité en Dot majeure, d’autres un chant Fa-erique aux accents tragiques. Les restants se sont partagé des partitions en clés de Sol afin de passer une porte, une épreuve… ou la muraille dont s’entoure un cœur.
Dans ce grand opéra à huit voix, l’Histoire croise l’utopie, la fantasy médite en compagnie du fantastique romantique sur la magie et les pactes faustiens. Un arpège délicat se met en œuvre. Une mélodie douce-amère, où les ombres évoluent dans les brumes comme dans les consciences…

Le sentier du lamento vous mènera jusqu’à elles.

Mon avis :

On débute le recueil par « Maudite Sonate! » de Stéphane Soutoul. L’histoire commence en 1810, avec Joachim, un musicien qui excelle tant dans son art qu’il parvient à charmer la mort… Mais à quel prix! Ensuite, à notre époque, nous retrouvons Amandine, une jeune femme enceinte qui fuit désespérément son époux. Puis vient la rencontre de ces deux personnages que deux siècles, et tant d’autres choses, séparent. J’ai été d’emblée conquise par ce récit. La plume de Stéphane est toujours aussi fine et subtile, et l’histoire happe le lecteur pour ne le lâcher qu’à la dernière ligne…

Vient ensuite Requiem pour un songe, de Céline Guillaume. Katherine Küpper, l’héroïne, nous raconte son histoire, sa vie de musicienne de renommée, et puis, surtout, de quelle étrange manière sa passion pour le violon lui est venue. J’ai beaucoup aimé le style de cette auteure que je ne connaissais pas, ainsi que la fin de la nouvelle, tout à fait inattendue.

Puis That’s a Long Way to Hell de Marianne Gellon. On suit alors le personnage principal, guitariste et chanteur d’un groupe de rock, qui connaîtra le succès, puis la déchéance. Ce récit, m’a évoqué, sous certains aspects du moins, ceux de Poppy Z Brite. La décadence, les peurs, et les obsessions du héros y sont fort bien décrites et le style est fluide et très agréable.

Song to the Siren de Cécile Guillot, nous entraine dans le monde de la musique métal. Marion, ingénieur son, va faire la rencontre d’Aysun, une jeune chanteuse à la voix si sublime qu’elle en est presque envoûtante, et de son groupe. Ensemble, ils se feront une place de premier plan dans ce milieu. Mais le passé d’Aysun est empreint de tant de mystères qu’il finira par la rattraper… Un conte sombrement poétique qui dépeint très bien cet univers si particulier.

Les Flûtes enchantées de Vanessa Terral, démarre lors d’une soirée chez Hervé Lescureuil, une soirée qui sera fatale pour ce dernier. Puis, on découvre Virginie Gauthier, une jeune femme liée par un obscur secret à cet homme qui était un parent. Elle se verra contrainte de quérir l’aide d’Héliante, consultante en affaires occultes… Un univers riche et fabuleux et un rythme effréné, le tout mené par une très jolie plume, à la fois élégante et savoureuse.

Puis, La chorale du temps, d’Ambre Dubois nous conte l’histoire d’Eric, jeune élève musicien, et de sa rencontre avec Hermann, un homme fier et fortuné, qui lui fera une requête pour le moins singulière. L’ambiance confinée et mystérieuse de ce récit m’ont séduite, j’ai découvert cette auteure et je ne pense pas m’arrêter là.

Salve Regna Stellarum d’Angélique Ferreira nous emmène au pays des elfes. Till est le fils du chef des elfes et doit se soumettre au traditionnel rite de passage, la chasse au cerf blanc, pour devenir enfin un adulte. Cette nouvelle m’a un peu moins plue que les autres car le genre n’est pas vraiment celui que j’affectionne.

Et, pour conclure, La clef musicale, de Bettina Nordet, raconte l’histoire d’un certain Leonardo, et de son étonnante rencontre avec Loriel, l’ange de la mort, une nuit de juin 1474, ainsi que celle, alternativement, d’Aure, enfant du siècle des Lumières. J’ai dévoré cette nouvelle qui m’a totalement embarquée. Le style de l’auteur est recherché et fluide, et les éléments historiques, mêlés au fantastique, lui donnent une tonalité des plus originales.

Bref, je recommande Le Lamento des Ombres à tous lecteurs friands de littérature fantastique et d’ambiances sombres et mystérieuses!

http://www.editionsduchatnoir.com/

 

11 septembre 2011 par georgia | Aucun commentaire »

Extrait Les Larmes Rouges, T.1 Réminiscences.

 

ISBN : 979-10-90627-01-7

Chapitre 1 : En finir…

    Elle était là, seule, sur ce pont qui paraissait plus énorme que jamais, où nombre de voitures passaient, plus ou moins rapidement, sans que personne ne semblât la remarquer. Le ciel était aussi sombre que ses pensées. Il pleuvait à torrent et elle était complètement trempée. Ses vêtements et ses cheveux, humides et glacés, collaient à sa peau, lui donnant un aspect de rat mouillé un peu grotesque, mais cela n’avait plus aucune importance à présent… Elle scrutait les flots de ce regard effrayé mais résigné que possèdent ceux qui n’ont plus rien à perdre, quand une petite voix lui souffla doucement à l’oreille : 

— Eh bien… Vas-y ! Maintenant que tu es là ! De toute façon, qui te regrettera, hein ? Personne ! Il n’y a pas une seule âme en ce bas monde qui viendra pleurer la pauvre, la triste et si ennuyeuse Cornélia…

— Si, mon père… se répondit-elle à elle-même, cherchant à se convaincre sans vraiment trop y croire. Il va être malheureux… Enfin, je pense… J’espère…

Voyons, ton père ne t’aime pas, tu le sais bien ! Il te l’a d’ailleurs assez montré comme ça ! La réalité est parfois cruelle mais il faut savoir l’accepter. Résigne-toi, il est temps !

  De nouvelles larmes se mirent à rouler le long de ses joues, se confondant d’emblée avec l’eau de la pluie qui fouettait toujours son visage. C’était vrai, elle ne pouvait l’ignorer, il ne l’aimait pas… Son propre père ne l’aimait pas. Les preuves étaient là, toutes accablantes et criantes de vérité. Dernièrement, elle avait eu une terrible dispute avec lui, sur ce même sujet qui, si souvent, les avait opposés : « son avenir »… Les mots douloureux avaient fusé, blessants et humiliants, comme toujours, et, depuis, il ne lui avait tout bonnement plus adressé la parole. Cela faisait presque deux semaines maintenant qu’il l’ignorait, la traitant avec autant de dédain et de désintérêt que si elle avait fait partie du mobilier. Dans cette affreuse période de solitude, il l’avait délaissée, une fois encore, et pourtant, il savait combien elle était fragile, surtout en ce moment…

  Cornélia n’avait jamais vraiment eu une vie facile. À cinq ans, ses parents avaient divorcés. Deux ans plus tard, sa mère, avec qui elle avait vécu jusqu’alors, était morte, tuée sur le coup dans un accident de voiture atroce mais idiot, provoqué par un chauffard ivre… C’était suite à ce drame que la jeune fille avait dû emménager avec son père, avocat de renom à l’emploi du temps surchargé, au mode de vie solitaire et effréné, peu adapté à un enfant. Il n’y avait jamais eu de place pour elle dans la vie de cet homme… Pire, elle l’avait gêné… Elle s’en était toujours plus ou moins doutée mais, désormais, elle en avait la certitude puisqu’il lui avait fait la remarque au cours de cette fameuse dispute. Il était terrible d’apprendre qu’elle n’avait jamais été qu’un fardeau, un boulet qu’il avait traîné derrière lui, l’entravant plus qu’autre chose dans son quotidien mais aussi, et surtout, dans sa carrière.

  Et si, pour Cornélia, cette période de l’année était si difficile à traverser, c’était parce que cela allait bientôt faire deux ans, jours pour jours, que Lise, sa meilleure et unique amie, était décédée, succombant, sous ses yeux, à une violente chute de cheval tandis qu’elles se promenaient toutes deux en forêt, un jour brumeux et pluvieux comme celui-ci. Depuis toutes petites, elles avaient fréquenté les mêmes écoles, s’étaient retrouvées le week-end et durant les vacances, et avaient partagé cette même passion pour l’équitation, enfin… Jusqu’à ce matin-là, du moins… Cornélia, à l’image de son père, avait toujours été très solitaire et réservée, une enfant bizarre et asociale, mise à l’écart systématiquement par tous ses autres camarades. Tous, à l’exception de Lise. Cette dernière avait été la seule à qui la jeune fille s’était jamais confiée, la seule à vraiment la connaître, et, également, la seule à avoir été là pour elle quand elle en avait besoin. Aujourd’hui, à dix-neuf ans passés, et, depuis la mort tragique de cette amie, Cornélia n’avait plus personne auprès de qui trouver le moindre réconfort…

  Personne… Seule… Ces mots résonnaient dans sa tête comme une litanie imposée malgré elle à son esprit. Où qu’elle se tournât, où qu’elle regardât, le tableau était noir, saturé, sans salut, sans futur…

  Elle avait entamée, et ce pour faire plaisir à son père qui estimait pouvoir au moins exiger ça d’elle, des études de droit. Et si, à l’école, où elle avait démarré avec un an d’avance ; au collège et au lycée, elle avait toujours été brillante, sa troisième année de faculté s’annonçait tout à fait autrement. L’an précédent, elle avait pu passer de justesse dans la classe supérieure, mais cette fois, les résultats qu’elle avait obtenus aux premiers partiels de ce semestre, et qui venaient tout juste de tomber, laissaient présager une issue beaucoup moins favorable… C’était à cause de ça qu’elle s’était disputée avec son père, elle lui avait annoncé que, ne s’en sortant pas, lasse et dégoutée par ces matières ennuyeuses, elle voulait interrompre ses études, afin de trouver une voie qui lui conviendrait mieux et dans laquelle elle pourrait peut-être s’épanouir. Seulement, ce dernier ne l’entendait pas de cette façon. Pour lui, l’abandon de sa fille n’était qu’un échec de plus à ajouter à son médiocre palmarès, quelque chose d’inacceptable, qu’il ne pouvait décemment tolérer. En somme, c’était tout simplement inenvisageable. Aucune sortie de secours. Avec lui, il fallait marcher au pas, ou bien, ne pas marcher du tout.

  Cornélia venait de faire son choix… Rien ici bas n’avait plus le moindre intérêt, la moindre saveur…

  Cet établissement dans lequel elle se rendait chaque jour sans vraiment savoir pourquoi, n’était qu’une prison où des geôliers pervers assommaient leurs détenus à coups de discours soporifiques, ennuyeux à mourir. Dans ce pénitencier, comme partout ailleurs, elle était seule. Personne ne lui adressait la parole. Elle était transparente, la femme invisible, en quelque sorte.

  Peut-être était-ce parce qu’elle ne souriait que très rarement ? De toute façon elle n’en avait jamais vraiment l’occasion… Peut-être était-ce à cause de ses tenues, négligées, choisies au hasard et uniquement parce qu’elles étaient pratiques, la mode étant un concept qui lui échappait totalement. Ou bien encore était-ce parce qu’il lui était quasiment impossible de prendre la parole devant un groupe, dès lors qu’il se trouvait constitué de plus de trois personnes.

  Probablement était-ce pour toutes ces raisons réunies… Sans compter que l’on pouvait encore en trouver beaucoup d’autres, comme, par exemple, ce prénom ridicule qui lui avait valu de nombreuses railleries, surtout à l’école. Qui de sa mère ou de son père avait eu la brillante idée de l’appeler ainsi ? Elle allait partir sans savoir… Tant pis…

Tu vois, rien ici n’est bien pour toi, ce monde n’est pas le tien, personne ne te comprend, susurra la voix.

— Non, personne… répondit-elle face au vide.

  Et si, en cet instant précis, elle s’apprêtait à sauter de ce pont, cherchant, par ce geste désespéré, à mettre un terme à cette existence terne et triste, c’est parce qu’elle venait d’atteindre le point de non-retour. Quentin, pour qui Cornélia ne pouvait s’empêcher d’avoir un faible, s’était ouvertement moqué d’elle, un peu plus tôt dans l’après-midi. Assenant alors le coup fatal, le préjudice de trop… Ce jeune homme, incontestablement beau, possédait de surcroît une intelligence hors norme. Elle le connaissait depuis longtemps puisqu’il avait fréquenté les mêmes établissements pour échouer, comme elle, en fac de droit. Personne, bien sûr, ne savait qu’elle avait un penchant pour ce garçon, pas même lui, car jamais elle n’aurait osé en parler à qui que ce fut. En dehors de Lise, évidemment…

  Un violent sanglot vint brusquement secouer le corps de la jeune fille à la pensée que son amie avait emporté ce secret, si piètre fut-il, dans sa tombe.

Elle aussi est en bas, elle t’attend…

  Et cette voix dans sa tête qui ne cessait de la harceler depuis quelques temps ! C’était insupportable ! Elle ne parvenait pas à déterminer si cela émanait de sa propre conscience ou si elle était en train de basculer, doucement mais sûrement, vers la folie. Et, à en juger par l’endroit où elle se trouvait et ce qu’elle s’apprêtait à faire, la deuxième proposition paraissait être la bonne…

Bien sûr que tu es cinglée, une vraie malade même… insista doucement la voix. C’est bien ce qu’il a dit, n’est-ce pas ? C’est bien ce que Quentin pense, non ? Et, il faut se rendre à l’évidence, il a raison…

  Elle avala sa salive, c’était précisément ce qu’il avait dit. Elle avait eu l’occasion de lui parler dernièrement quand, en se rendant au cimetière pour fleurir la tombe de Lise, elle l’avait croisé. D’emblée, il était venu vers elle et avait engagé la conversation, comme si de rien n’était. Elle n’avait pas bien compris pourquoi lui se trouvait là mais elle avait eu la faiblesse de lui confier qu’elle venait régulièrement discuter en pensée avec son amie décédée, lui expliquant qu’elle trouvait malgré tout, dans ce jeu plutôt morbide, un certain réconfort. Pourquoi diable avait-elle été raconter à ce garçon que, finalement, elle ne connaissait qu’assez peu, une chose aussi intime et embarrassante à son sujet ? Elle l’ignorait. Sur le moment, Quentin avait eu l’air touché, presque compatissant.

  Cependant, cet après-midi, se trouvant juste derrière lui dans la file des élèves qui quittaient l’amphithéâtre, elle l’avait surpris rapportant à sa bande d’amis, dans les moindres détails et sur un ton railleur, ses paroles, allant même jusqu’à la singer. Et il avait conclu son récit par : « Mais quelle cinglée ! Quelle pauvre malade cette fille ! ». Ses voisins avaient ri en se retournant, indiquant au jeune homme que la « fille » en question se trouvait justement là. Ce qui, incontestablement, rendait la chose encore plus drôle… Sur le coup, Quentin avait paru légèrement gêné, il avait haussé les épaules, puis il avait fini par s’esclaffer à son tour, accompagnant les autres dans leur hilarité. Elle avait dû lutter pour soutenir les regards moqueurs et mesquins qui s’étaient fixés sur elle alors, et s’était efforcée de rester immobile, impassible, résistant tant bien que mal à cette irrépressible envie de fuir pour se cacher au fond d’un trou.

  Ce n’était rien, pas grand-chose du moins… Elle en avait vu d’autre… Oui, mais c’était un incident de plus, une déception de plus… La déception de trop.

Alors, qu’attends-tu ?! reprit la voix, plus véhémente soudain. Personne ne viendra te secourir ! D’ailleurs, personne ne s’apercevra de ton absence avant un très, très, très long moment…

— Même mon père ne s’en rendra pas compte, déclara-t-elle pour elle-même. Il ne verra pas la différence…

Saute ! Ça lui fera les pieds ! Il regrettera toute sa vie de ne pas avoir fait plus attention à toi !

— C’est cruel…

Non, c’est juste ! Il le mérite ! 

  La voix était plus forte et plus intense que jamais, lui donnant des maux de tête effroyables, presque insoutenables à présent. Elle passa les mains sur ses tempes brûlantes et inspira profondément, cherchant à atténuer la douleur. Mais, après tout, quelle importance ? Toutes ses pensées s’embrouillèrent subitement pour n’en former plus qu’une seule: « Ils le méritent tous… ». Alors, les yeux agrandis par la peur, tremblant de tous ses membres, elle enjamba lentement le parapet, prenant soin de ne pas glisser, réalisant aussitôt que c’était parfaitement stupide puisque la chute arriverait, de toute façon… Elle scruta une dernière fois l’horizon, comme à la recherche d’un signe, de quelque chose qui pourrait encore la dissuader, mais rien ne vint. Rien… Les voitures continuaient leur inlassable défilé, à seulement quelques mètres d’elle, comme si elle n’avait pas existé.

  Effectivement, la voix disait vrai, personne ne viendrait à son secours, puisque, de toute façon, elle était transparente, insignifiante. Qui se serait soucié d’une pauvre petite gamine, au physique ingrat, geignant en haut d’un pont, un jour de pluie ? Pas une âme, évidemment… Les chevaliers servants ne se déplaçaient que pour de belles demoiselles, de jolies princesses arborant d’élégantes robes et de délicieux sourires. Ça, ce n’était pas pour elle, c’était pour les autres…

  En fait, d’aussi loin qu’elle s’en souvenait, Cornélia avait toujours été complexée par son apparence. Elle était petite, d’une maigreur alarmante, pouvant largement rivaliser avec ces mannequins anorexiques, ne subsistant que grâce à la prise répétée de drogues dures, et qu’aujourd’hui, plus personnes ne pouvaient supporter. À dix-neuf ans, elle était totalement dépourvue de quelques formes que ce fut, sa poitrine ressemblait presque à celle d’une enfant, tout comme ses hanches et ses jambes. Son visage ne lui plaisait guère plus. Sa peau était si pâle qu’elle en était presque translucide, lui conférant continuellement un air maladif. Ses yeux, vert amande, étaient légèrement trop grands et prenaient un peu trop de place dans sa figure aux joues atrocement creuses et au front large, lui donnant parfois l’allure d’une folle ahurie, ce qu’elle détestait par-dessus tout. Son seul et unique attrait, du moins à son sens, était sa longue chevelure rousse, aux boucles épaisses et chatoyantes. Plus jeune, elle avait bien subi quelques moqueries à cause de cette couleur vive et atypique mais jamais cela ne l’avait réellement offensée. En fin de compte, c’était bien là le seul élément de ce physique plutôt médiocre, qui parvenait à la sortir de sa banalité morose, attirant alors l’attention sur autre chose que ce corps que l’absence de formes rendait de plus en plus embarrassant.

    Terrifiée mais résignée, elle ferma les yeux, prit dans sa main le pendentif qu’elle avait autour du cou et qu’elle ne retirait jamais, le serra fort, puis, le pressa contre ses lèvres frémissantes. Il était en forme de cœur et avait, il y a longtemps, appartenu à sa mère. À l’intérieur se cachait une minuscule photo d’elle et de ses parents. La scène était en noir et blanc, comme issue d’une autre époque, bien plus lointaine, et l’image avait été minutieusement découpée afin de pouvoir tenir dans le petit bijou.

  Une violente bourrasque de vent lui fouetta soudain le visage, la ramenant brusquement à la réalité. L’espace d’un instant, elle avait presque oublié pourquoi elle était là… Personne… Toute seule… Lise… Maman… Tout se mélangeait dans sa tête douloureuse pour ne plus former qu’une espèce de mélasse sombre et opaque, au jus noir et au goût amer et métallique.

SAUTE !

— La ferme ! hurla-t-elle.

Tu les reverras si tu sautes ! 

  Elle prit une longue et profonde bouffée d’air, la dernière, ouvrit grand les bras, tournant les paumes vers le vide, dans ce geste gracieux d’offrande que font généralement ceux qui se sacrifient pour une bonne cause, et se laissa doucement choir vers l’avant. On aurait dit un ange voler… Quiconque se serait donné la peine d’assister à ce spectacle incongru aurait été ému par la beauté de la scène, juste avant, bien entendu, de s’horrifier de sa finalité. L’ample manteau noir qu’elle avait emprunté ce matin à son père sans trop savoir pourquoi, semblait flotter dans les airs, décrivant d’élégantes courbes, ondulant au gré du vent dans une danse alternant précipitation et fluidité. Ses magnifiques cheveux roux, seule couleur présente dans le tableau grisâtre de cette journée, agrippés par les bourrasques du vent, se tenaient droit au-dessus de sa tête, accompagnant d’un même mouvement cette valse macabre. Le temps parut alors brusquement s’arrêter.

  Les yeux, toujours rivés sur l’horizon, Cornélia resta un instant qui sembla être une éternité, à admirer l’étonnante vue qui, de là où elle se trouvait,  s’offrait à elle, se sentant comme figée dans le vide, portée par rien d’autre que les airs. Elle se demanda ensuite si cette simple chute suffirait à la tuer. Elle était venue là sans vraiment y réfléchir, sans établir de plan concret… De toute façon, n’ayant jamais appris à nager, les eaux, elles, pour sûr, auraient raison d’elle… La mort serait au rendez-vous, comme elle l’avait souhaité. Le vertige de la chute était grisant, presque enivrant, cela donnait la sensation de pouvoir voler, d’être libre, enfin… Mais tout ça ne dura qu’un très bref instant.

  Inexorablement, son regard vint se porter sur les flots. La peur l’envahit alors soudainement… L’impact serait-il douloureux ? Pourvu qu’il n’y ait pas de pierres à cet endroit… Ou plutôt si, pourvu qu’il y en ait, cela faciliterait les choses, la noyade, supplice lent, étant probablement pire… L’impression que tout s’était figé et qu’elle tombait au ralenti se dissipa en un éclair, le temps parut alors brusquement s’accélérer, précipitant déraisonnablement sa chute. L’eau se rapprocha de plus en plus rapidement de sa figure et elle n’eut soudain plus d’autres pensées que : ça y est, c’est la fin… 

  Et, tandis qu’elle ne se trouvait plus qu’à quelques centimètres de l’impact fatal, elle aperçut, l’espace d’une fraction de seconde, aussi furtivement que passent les images subliminales, le reflet du visage d’un homme terrifiant, au sourire assassin et au regard irréel. Puis, tout devint noir, humide et glacial.

7 août 2011 par georgia | 7 commentaires »

La saga des Wildenstern, de Oisin McGann

Bonsoir à tous, j’espère que vous avez passé un bon week-end, avec ou sans soleil…

Ce soir, je souhaite vous parler de romans que je viens de lire et que j’ai dévoré (aussi voracement que férocement, lol ! :) , La saga des Wildenstern. Je vous laisse déjà admirer les magnifiques couvertures :

 

Présentation de l’éditeur :

Quand Nate Wildenstern rentre au manoir familial, après une année en Afrique, il découvre que son frère aîné Marcus vient de mourir dans de mystérieuses circonstances… et que tout l’accuse ! Coïncidence ou complot ? Sa famille n’est-elle pas devenue riche grâce à d’impitoyables traditions, et les Wildenstern ne sont-ils pas entraînés depuis leur enfance à la trahison et au meurtre ?

Nate décide d’élucider le meurtre de Marcus. Mais il doit composer avec un père tyrannique, des parents hostiles et des voyous prêts à tout. Sans oublier quatre ancêtres qui, revenus d’entre les morts, sont bien décidés à reprendre le contrôle de la famille… (source : http://www.mondesimaginaires.com/grands-formats/la-saga-des-wildenstern/)

 Alors, bon, comme tout ce dont je parle ici me direz-vous (j’évite de présenter ce que je n’ai pas aimé, tout simplement!), j’ai trouvé ces deux premiers tomes excellents et d’une grande originalité. D’ailleurs, cette saga fait désormais partie de mon top ten (c’est dire!).

  L’univers gothico-steampunk est géniallissime et ultra-recherché, et donne au récit une ambiance haute en couleurs! L’histoire est ultra-prenante et complètement déjantée. Le passé de la très singulière famille Wildenstern est empli de mystères, mais aussi de meurtres, de complots, de trahisons… Le tout sur fond d’Irlande du 19ème siècle, de manoir gothique haut de 13 étages, de quartiers populaires insalubres et d’un monde peuplé d’une espèce qui met en déroute Charles Darwin lui-même : les mécanimaux!

  La plume de Mr McGann est subtile, sophistiquée et très fluide, et le ton grinçant, très anglais, est savoureux!

  A lire absolument !!!

 

 

 

http://www.mondesimaginaires.com/grands-formats/la-saga-des-wildenstern/

24 juillet 2011 par georgia | 4 commentaires »

Coeur Empoisonné de Bloody Countess, mon avis.

Ce soir je viens vous parler à nouveau, mais après lecture cette fois, du conte illustré de Bloody Countess, publié au éditions du Riez, Cœur Empoisonné.

 

Je ne vous referai pas la présentation, puisque cela a déjà été fait (ici), je vais donc directement passer à mon avis.

J’attendais beaucoup de cet ouvrage, et pour cause, l’ambiance burtonienne qui se dégage des dessins déjà aperçus sur le web, ainsi que les quelques extraits que j’avais pu lire auparavant, me parlaient, non, me plaisaient déjà énormément! Et je n’ai pas été déçue, bien au contraire!

L’objet en lui-même, très original en soi puisque relié à l’italienne, est magnifique. Les illustrations, au nombre de 24, sont plus sombres et poétiques les unes que les autres, aussi candides que macabres, et c’est sur ce principe que repose tout l’univers de ce superbe conte. J’ai été conquise dès le début, emportée par le flot des mots de Bloody Countess, aspirée par l’histoire et ses images… Le texte, qui apparaît parfois sous forme de poème, parfois sous forme de complainte, est cependant rythmé, l’action est présente du début à la fin et les rebondissements ne manquent pas. Le style de l’auteur est aussi sombre que délicat, ses rimes sont riches, variées et pleines de subtilités, et sa prose m’a même de temps à autres évoquées des maîtres tel qu’Edgar Allan Poe, ou encore le Comte de Lautréamont.

On suit Benjamin dans son étrange et turbulent périple pour sauver Emilie, sa bien-aimée, prisonnière de la terrible comtesse. L’ambiance, lourde et pesante, est très prenante, et les différents mondes à travers lesquels le héros nous fait voyager sont aussi angoissants que fouillés. La cerise sur le gâteau : des références/clins d’œil aux œuvres du grand Tim Burton se sont glissées dans le texte, elles sont si bien amenées que c’en est un réel plaisir. Enfin, vous l’aurez compris, je le recommande à tous les amateurs du genre!

 


http://www.editionsduriez.fr/6.html

10 juillet 2011 par georgia | 4 commentaires »

Game of Throne

En cette chaude soirée, je viens vous parler ce soir d’une série excellentissime, en passe de devenir culte, du moins outre-Atlantique, Game of Throne.



Le Trône de fer (en anglais, Game of Thrones) est une série télévisée américaine créée par David Benioff et Dan Weiss, d’après la saga littéraire de fantasy médiéval Le Trône de fer de George R.R Martin, et diffusée depuis le 17 avril 2011 sur HBO.

La diffusion de la série en France a commencé le 5 juin 2011 sur Orange Cinéma Séries.

Synopsis:

Sur le continent de Westeros, le Roi Robert Baratheon règne sur le Royaume des Sept Couronnes depuis qu’il a mené à la victoire la rébellion contre le Roi Fou Aerys II Targaryen, dix-sept ans plus tôt. Son guide et principal conseiller, Jon Arryn, venant de décéder, il part dans le nord du royaume demander à son vieil ami Eddard Stark, seigneur suzerain du Nord et de la Maison Stark, de remplacer leur regretté mentor au poste de « Main du Roi ». Eddard, peu désireux de quitter ses terres, accepte à contrecœur de partir à la Cour avec son jeune fils Bran et ses deux filles, alors que Jon Snow, son fils bâtard, se prépare à intégrer la fameuse Garde de Nuit : la confrérie protégeant le Royaume depuis des siècles à son septentrion, de toute créature pouvant provenir d’au-delà du Mur protecteur. Mais, juste avant le départ pour le Sud, Bran fait une découverte en escaladant une tour de Winterfell dont découleront des conséquences inattendues…

Dans le même temps, sur le continent Est, Viserys Targaryen, héritier « légitime » des Sept Couronnes et fils d’Aerys, projette de marier sa jeune sœur Daenerys à Drogo, le chef d’une puissante horde de cavaliers nomades afin de s’en faire des alliés, en vue de la reconquête du royaume. Mais Viserys est presque aussi instable mentalement que son père, la folie étant un trait génétique courant chez les Targaryen, qui a cependant épargné sa sœur Daenerys. (source Wikipédia)

 

 

Alors, je ne vous le cache pas, au début c’est un peu dense. L’univers est si énorme, tellement fouillé et recherché qu’il met un certain temps à se mettre en place, mais ça vaut vraiment le coup!

Tous les éléments sont réunis pour que la sauce prenne et ça marche! Une grande histoire, un monde fantastique, des peuples opposés les uns aux autres, des guerres de pouvoir… Le casting est génial, Sean Bean (entre autre) incarne à merveille le personnage d’Eddard Stark. La réalisation est subtile et les décors et autres costumes sont magnifiques.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré cette première saison de Game of Throne et je vous la recommande chaudement!

 

26 juin 2011 par georgia | Aucun commentaire »

Nathalie Shau

Bonsoir à tous!

Ce soir je vous présente une illustratrice et photographe lituanienne (que vous connaîtrez peut-être déjà ^^), Nathalie Shau. Elle travaille principalement avec des outils numériques et fait un mix de ses propres photos, de peinture digital et d’éléments 3D. Je vous laisse admirer…

 

 

 

 

Son site web : http://natalieshau.carbonmade.com/

19 juin 2011 par georgia | 4 commentaires »

Page Facebook Les Larmes Rouges


 

Bonsoir !

A quatre mois et le pouce de sa parution (le 1er Novembre 2011, aux éditions du Chat Noir), voici la page Facebook des Larmes Rouges!

N’hésitez pas à venir m’y retrouver! :)

http://www.facebook.com/pages/Les-Larmes-Rouges/206052202771616

 

12 juin 2011 par georgia | Aucun commentaire »

Le Manoir De Paris

 

Il y a 15 jours, après une journée bien chargée (convention « Mystic Falls » oblige, lol) j’ai profité de l’occasion pour m’aventurer jusqu’au Manoir de Paris (10ème arrondissement), attraction type maison de l’horreur, avec un charme et un réalisme dignes des parcs de Disney mais la terreur et l’effroi en prime!

Je partais tout à fait confiante, « The Donjon » (Londres) m’ayant certes beaucoup plu mais n’étant pas parvenu à m’arracher le moindre soupir de stupeur. Cependant ici, les choses furent toutes autres… L’immersion est presque immédiate, on voyage en plein film d’horreur, et les décors et les acteurs sont tout à fait bluffant. Par pudeur, je n’évoquerai pas mes cris, hum, ni ceux de la courageuse personne qui m’accompagnait et qui m’a constamment fait passer devant (quelle galanterie!).

Chaque salle est un véritable tableau et représente une légende parisienne :

« Découvrez les  légendes sombres qui vous attendent au Manoir de Paris.

Entrez dans le Manoir de Paris et découvrez Paris
comme vous ne l’avez jamais vu.

Suivez notre parcours unique et effrayant.

Vous serez hantés par ses mystères et ses légendes.

Explorez la grotte du fantôme de l’opéra.

Laissez-vous tenter par la tourte du boulanger sanglant.

Échappez au couteau du tueur à gages des Médicis. » (extrait site internet : http://lemanoirdeparis.fr/accueil/)

 

 

 

Site internet : http://lemanoirdeparis.fr/accueil/

Page Facebook : http://www.facebook.com/LeManoirDeParis

A tous ceux qui osent tenter la chose, vous m’en direz des nouvelles! ^^

 

5 juin 2011 par georgia | 3 commentaires »

Présentation Les Larmes Rouges lors de la convention Mystic Falls (Paris le 21 et 22 mai 2011)

J’ai pu présenter mon roman à paraître Les Larmes Rouges, Tome 1, lors de la convention Mystic Falls.

Un grand moment! Interview avec 3 autres jeunes auteurs (Cindy Mezni, Sklaerenn Baron et Cassandre Amaranthe) et diffusion de ma bande annonce sur un écran de cinéma!

Quelques images :

(avec le beau Ian Somerhalder…)

Et un extrait de l’interview « jeunes auteurs » :

5 juin 2011 par georgia | 3 commentaires »